Médecins, dentistes, sages-femmes, pharmaciens, infirmiers, podologues : la certification périodique vous concerne depuis 2023, et ses règles sont enfin publiées. Ce qui est commun à tous, ce qui change selon votre profession, et ce qui n'est pas encore tranché.
Médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, infirmier ou pédicure-podologue : vous avez sans doute entendu parler de la certification périodique, souvent sans savoir ce qu'elle vous demande concrètement. C'est normal. L'obligation existe depuis le 1er janvier 2023, mais ses règles pratiques ne sont arrivées qu'entre décembre 2025 et février 2026, avec un référentiel différent pour chaque profession. Ce guide reprend les règles communes, puis ce qui change d'une profession à l'autre, et signale honnêtement ce qui n'est pas encore tranché.
Les 5 points à retenir
La certification périodique s'applique aux professionnels inscrits au tableau d'un ordre et en exercice :
Les professions de santé sans ordre, comme les orthophonistes, les orthoptistes, les ergothérapeutes ou les psychomotriciens, ne sont pas concernées. Attention : elles restent soumises à l'obligation de DPC, qui est une obligation distincte.
L'objectif est de vérifier que chaque professionnel entretient ses compétences tout au long de sa carrière. Pour cela, chaque profession dispose d'un référentiel, rédigé par son conseil national professionnel (CNP) et publié par arrêté le 26 février 2026. Ce référentiel liste les actions qui comptent. Vous choisissez les vôtres, vous les réalisez à votre rythme sur la période, et vous gardez les justificatifs.
Toutes les professions partagent les mêmes 4 blocs (on parle aussi d'axes) :
| Bloc | En pratique, ce que ça recouvre |
|---|---|
| 1. Actualiser ses connaissances et ses compétences | Formations continues, actions DPC, DU et DIU, congrès selon les référentiels, enseignement, publications |
| 2. Renforcer la qualité des pratiques | Évaluation des pratiques professionnelles (EPP), audit clinique, gestion des risques, analyse de pratiques entre pairs, accréditation pour les médecins concernés |
| 3. Améliorer la relation avec les patients | Communication, éducation thérapeutique, décision partagée, annonce, prise en charge de la douleur, actions avec des associations de patients |
| 4. Mieux prendre en compte sa santé personnelle | Prévention de l'épuisement et des risques professionnels, gestion du stress, ergonomie, groupe d'analyse des pratiques, suivi de sa propre santé |
Le bloc 4 est le plus inhabituel : c'est la première fois qu'une obligation professionnelle demande aux soignants de prendre soin d'eux-mêmes. Les professionnels qui n'ont pas d'activité de soins directs auprès des patients sont dispensés du bloc 3.
Les actions réalisées depuis le 1er janvier 2023 comptent pour la première période, à condition qu'elles figurent au référentiel de votre profession. Si vous interrompez votre activité plus de 3 ans au total, votre période s'arrête et une nouvelle commence à la reprise.
Le cadre est commun, mais chaque profession a son référentiel, avec ses propres listes d'actions et parfois des exigences plus fortes que le minimum. Voici les points clés relevés dans les référentiels publiés au Bulletin officiel le 27 février 2026.
| Profession | Nombre d'actions | À savoir |
|---|---|---|
| Médecins | Au moins 2 actions par bloc | Un référentiel pour la médecine générale et un par spécialité (plus de 40). Deux actions d'un même bloc ne peuvent pas être identiques. Le référentiel de médecine générale exclut une liste de pratiques non conventionnelles. Les médecins d'une spécialité à risques engagés dans l'accréditation validée par la HAS ont des obligations nettement allégées. |
| Chirurgiens-dentistes | Au moins 2 actions par bloc | Une « action libre » non listée peut être labellisée par le CNP, avant ou après sa réalisation. |
| Sages-femmes | 2 actions par bloc | Chaque bloc propose une longue liste de thèmes au choix (16 pour le bloc 1, 26 pour le bloc 2). |
| Pharmaciens | 3 actions pour les blocs 1 et 2, 2 pour les blocs 3 et 4 | Exigence plus élevée que le minimum légal, choisie par le CNP de pharmacie. Le référentiel organise aussi les blocs 1 et 2 pour couvrir en même temps le DPC triennal. |
| Infirmiers | 2 actions par bloc | Cinq référentiels : infirmier diplômé d'État, IADE, IBODE, IPA et puéricultrice. Vous choisissez le bloc dans lequel vous déclarez une action qui en couvre plusieurs. |
| Masseurs-kinésithérapeutes | 2 actions par bloc | Une formation obligatoire en bloc 1 et une action d'EPP ou de gestion des risques en bloc 2. |
| Pédicures-podologues | 2 actions par bloc | Le référentiel rappelle que le DPC compte, mais ne suffit pas à lui seul. |
Ce tableau résume, il ne remplace pas votre référentiel. Celui-ci détaille, action par action, les critères à respecter et les justificatifs attendus. Il est téléchargeable gratuitement (lien en fin d'article).
C'est la confusion la plus fréquente. Le DPC reste obligatoire, sur des périodes de 3 ans. La certification périodique s'y ajoute, sur 6 ou 9 ans, avec un champ plus large (notamment les blocs 3 et 4). Une même action DPC peut compter pour les deux, si elle figure au référentiel de votre profession. À terme, le ministère indique que, pour les professions à ordre, l'obligation triennale de DPC « a vocation à être remplacée » par la certification périodique. Pour l'instant, les deux s'appliquent.
Pour la plupart des professionnels, le bon réflexe est donc de choisir ses formations DPC en pensant aussi aux blocs de la certification. Une formation sur la relation patient ou la prévention de l'épuisement, par exemple, fait d'une pierre deux coups. Les actions peuvent être financées selon votre situation par le DPC, le FIF PL, le CPF ou votre employeur.
Le décret du 26 décembre 2025 a créé le téléservice « Ma Certif'Pro Santé », piloté par le ministère de la Santé et l'Agence du numérique en santé (ANS). Chaque professionnel concerné y aura un compte individuel qui regroupe sa période, son référentiel, ses actions et ses justificatifs.
Pendant votre période, votre ordre suit l'avancement et peut vous alerter en cas de retard. Vous pouvez aussi demander un accompagnement au CNP de votre profession. Dans les 6 mois qui suivent la fin de votre période, l'ordre contrôle votre compte. S'il manque des actions, il n'y a pas de sanction automatique : il vous en informe, vous pouvez répondre par écrit et vous êtes reçu en entretien. Il peut vous demander des justificatifs ou vous proposer un plan d'actions correctrices avec un délai. Ce n'est qu'en cas d'absence manifeste d'engagement ou de refus de vous mettre en conformité que l'ordre peut engager une procédure disciplinaire, sans exclure une suspension temporaire pour insuffisance professionnelle.
Au 2 novembre 2026, plusieurs points pratiques restent en suspens :
Nous mettrons ce guide à jour au fur et à mesure.
Pour trouver une formation adaptée à un bloc précis, recherchez parmi les formations sur Kiasma, avec des filtres par profession, thème et financement (DPC, FIF PL, CPF). Vous êtes kinésithérapeute ? Retrouvez le détail de votre référentiel dans notre guide dédié aux kinés sur Rhomboid.
Non. La certification périodique ne concerne que les 7 professions de santé qui ont un ordre. Vous restez en revanche soumis à l'obligation de DPC.
Le DPC est une obligation sur 3 ans, centrée sur la formation et l'évaluation des pratiques. La certification périodique porte sur 6 ans (9 ans la première fois) et ajoute la relation avec les patients et la santé du professionnel. Une action DPC peut compter pour les deux si elle figure au référentiel.
Celui de votre spécialité. L'arrêté du 26 février 2026 publie un référentiel pour la médecine générale et un pour chacune des spécialités, rédigés par leur conseil national professionnel.
C'est un choix du CNP de pharmacie : ses blocs 1 et 2 proposent un très large éventail d'actions, et plutôt que de donner plus de poids à certaines, il a préféré demander 3 actions au lieu de 2. Les blocs 3 et 4 restent à 2 actions.
Vous avez 6 ans à compter de votre inscription au tableau de votre ordre. Par exemple, une inscription en septembre 2025 donne une échéance en septembre 2031.
Si vous ne soignez pas directement des patients (recherche, administration, enseignement par exemple), vous êtes dispensé des actions du bloc 3. Les trois autres blocs restent obligatoires.
Non, pas directement. Votre employeur n'a aucun rôle de contrôle : il peut accéder à certaines informations utiles pour organiser vos formations, sans accès direct à votre compte. Votre ordre y a accès pour le contrôle, et votre CNP seulement avec votre accord, temporairement, pour vous accompagner.
Oui, sous conditions : elles doivent être en lien direct avec votre exercice, répondre aux objectifs du référentiel et être justifiables (attestation, programme, feuille d'émargement).
Non. Après un cycle validé, un nouveau cycle de 6 ans démarre automatiquement, et ses actions doivent être distinctes de celles déjà comptées.
Il n'y a pas de sanction automatique. L'ordre vous demande vos observations, vous reçoit en entretien et peut vous proposer un plan d'actions correctrices avec un délai. En cas d'absence manifeste d'engagement ou de refus de vous mettre en règle, il peut engager une procédure disciplinaire, et une suspension temporaire pour insuffisance professionnelle reste possible.
Sources officielles. Ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021 ; décret n° 2024-258 du 22 mars 2024 ; décret n° 2025-1335 du 26 décembre 2025 relatif aux modalités de contrôle et au système d'information de la certification périodique (JO du 27 décembre 2025) ; arrêté du 26 février 2026 relatif aux référentiels de certification périodique des professions de santé relevant d'un ordre professionnel (JO du 27 février 2026) et ses annexes : les référentiels de chaque profession ; ministère de la Santé, la certification périodique des professionnels de santé et FAQ nationale « La certification périodique : les clés pour s'y retrouver » ; alerte du ministère sur les démarches frauduleuses relayée par l'Ordre national des pharmaciens (5 mars 2026). Date d'ouverture du téléservice : annonce de la DGOS rapportée par Le Quotidien du Médecin (4 septembre 2026). Article à jour au 2 novembre 2026.
Écrit par
Julien Louis